Jeanne Cherhal, même pas 30 ans, née à Nantes, prépare son nouvel album, prévu pour l'automne 2006. Vous avez pu l'écouter tout récemment sur la scène des Francofolies de La Rochelle. Pleins feux sur un petit bout de Bretonne qui déménage.

Ses chansonnettes euphorisantes et son tempérament en ébullition font de Jeanne Cherhal une fille canon. Entendez par là qu’elle fait parler la poudre, et pas la poudre aux yeux. Cette jeune suffragette, qui aura passé ce premier quart de siècle en Bretagne avant de s’installer à Paris, qui se rêvait danseuse classique et s’épanouit en chanteuse inclassable, n’est pas tout à fait une inconnue.
Sur ses agendas des deux dernières années, chaque jour ou presque comporte le nom d’une ville ou d’un patelin qu’elle a écumés, seule avec son piano, et tous ceux qui l’ont déjà croisée (notamment en première partie de Moustaki, Higelin ou Fersen, ou en double affiche avec Vincent Delerm) savent à quoi s’en tenir.
Un album, puis deux
De ce marathon, souvent remémoré par les témoins comme l’un des rares passages d’une tornade (avec des nattes, qui plus est) dans la quiétude veloutée des régions françaises, il reste un premier album live, enregistré à l’Olympic de Nantes le 20 décembre 2001. Il sort le 16 avril 2002 sur le label Tôt ou Tard, label de ses idoles, les Têtes Raides et Jacques Higelin.
Ce dépouillement musical lui donne envie pour son second disque de s’entourer d’autres instruments. L’album sort le 17 février 2004 sous le titre "Douze fois par an". Jeanne Cherhal, qui a abandonné ses nattes, considère ce CD comme son vrai premier album. Avec cette collection de douze chansons inaugurales en studio où elle pose enfin son style, prend le temps de délier tous les ressorts parfois sacrément tordus de son imagination fertile.
Talentueuse croqueuse de portraits
Mais si Jeanne parle sans détour des règles, ses chansons, elles, se gardent bien d’en observer. Tour à tour elles virevoltent, s’apaisent, s’emballent, cabriolent et, miracle de la gravitation, retombent toujours sur leurs pattes. Elles sont comme des instantanés qui éclatent à la lumière, tantôt en Super 8 avec du grain (de folie), tantôt façon Grand 8 lancé à plein régime, zigzaguant entre les clichés et les sous-entendus grinçants. C’est Higelin en personne qui vient lui donner la réplique dans les dernières coudées de Je voudrais dormir, l’ultime chanson de cet album tellement excitant qu’il pourrait effectivement rendre insomniaque.
Ses talents de croqueuse de portraits sont désormais parfaitement assis, à califourchon sur une langue française fleurie, poivrée et bien pendue. Cette écriture, plus féminine que féministe, apparaît volontiers comme une mise en musique et en situation des dossiers « psycho » pour magazines du même genre : on y épingle les filles qui en pincent pour un homme marié (Un couple normal), ou au contraire celles qui s’apprêtent à passer l’alliance (Les photos de mariage), celles qui rêvassent sur les beaux mecs croisés dans la rue (Parfait inconnu), et même celles qui se tordent de douleur, Douze fois par an.
Prochains concerts
http://jeannecherhal.220v.org/