| Octobre 2008 | ||||||||||
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Cette jeune femme de 25 ans est le fruit d’un alliage délicat et détonnant fait de raison et de passion. Elle est la seconde fille de Bob Escoffier et si sa sœur aînée porte le prénom de Marine, c’est la cadette qui a été piquée par le virus de la mer. La digne fille de Bob Escoffier avait déjà fait preuve de détermination lors de la Transat Jacques Vabre 2003. Alors que son père cherchait un co-équipier, elle lui avait tout simplement dit : « Tu l’as devant toi ». Enfant, Servane disait qu’elle voulait faire le tour du monde. Ce qui passait pour une lubie de petite fille est devenue réalité (ou presque) quand à la barre du monocoque 60 pieds «Adecco», Escoffier père et fille s’étaient élancés vers Bahia.
« Passe ton Bac d’abord », disait Bob à Servane qui piaffait d’impatience sur les quais de Saint-Malo… Après avoir mené sa vie d’étudiante en bon capitaine à l’École Supérieure de Commerce de La Rochelle, où elle trace un parcours sans faute et multiplie les stages à l’étranger, la jeune Escoffier a décidé de se consacrer à sa passion. « Elle a du caractère », disent en chœur les membres de son entourage. « Elle fonce tête baissée », lâchent les frileux. Cela s’appelle la fougue et l’enthousiasme de la jeunesse.
Traverser l'Atlantique en solitaire de Saint-Malo à Pointe-à-Pitre, à l'automne, reste un pur exploit. Les 3 550 milles du parcours sont exigeants et sélectifs. Dès le départ, les concurrents doivent souvent affronter les dépressions hivernales. Puis une partie tactique s'engage pour rejoindre la route des Alizés au meilleur endroit. Ensuite, c'est un véritable sprint qui s'offre aux marins. Épuisés et rivés à la barre depuis le départ, l'essentiel est d'arriver au bout de son rêve.